• Sommet Chine-Afrique

    Ce sommet marque un tournant decisif dans les rélations économiques et diplomatiques entre la Chine et l’Afrique dans la mesure où :

    D’une part, ce sommet a été l’occasion pour les dirigeants chinois de réaffirmer leur intérêt pour les échanges directs avec l’Afrique tout en donnant plus d’ampleur et d’emphase à une envolée des échanges qui, sans aucun doute, profitent à la chine, mais aussi, et surtout, à maintenir le cap d’un soutien au développement pour le continent face à des décideurs véreux et boulimiques.

    D’autre part, il planifie la création d’une Zone Economique « Spéciale » entre la chine et l’Afrique. Cette zone économique dite « speciale » aura pour obejctif de faciliter l’implantation des entreprises chinoises souvent contraintes à se conformer aux normes juridiques des pays d’accueil. Avec la création de cette zone economique « specialee », la croissance très rapide du volume des échanges entre les deux partenaires prend desormais un tour plus politique qu’économique qui ne perd pas de vue le discours « gagnant-gagnant » proné par les dirigeants chinois ( Des prestations de qualité réalisées vite et bien à des prix bien inférieurs à ceux que pratiquent les entreprises européennes, sans volonté d’ingérence dans les affaires politiques africaines, en laissant aux Etats leur pleine souveraineté).

    En effet, dans le cadre d’un programme triennal (2009-2012), la Chine a annoncé l’ouverture d’une ligne de crédit à taux bonifiés de dix milliards de dollars destinés à l’investissement et au renforcement des capacités productives. Ils ont également décidé d’annuler les échéances de remboursement des crédits arrivés à échéance et dus par les pays les plus pauvres. Devant les représentants des 49 pays africains, Chen Deming, le ministre du Commerce chinois, a affirmé que son gouvernement «s’engage à tout faire pour assister le continent dans l’amélioration de sa production agricole et de ses infrastructures. La Chine continue à identifier les infrastructures comme une priorité de la coopération sino-africaine».

     

    Pour continuer,M. Chen a affirmé que : Afin d’intensifier sa coopération avec l’Afrique dans la construction d’écoles, d’hôpitaux, de stades mais aussi de chemins de fer, d’aéroports et de projets énergétiques, son pays enverrait 250 experts et professionnels agricoles en Afrique chaque année sur les trois prochaines années pour transférer les technologies agricoles et former 2.000 professionnels africains

    Il est bien évident que l’annulation de ces crédits et toutes ces bonnes intensions de developpement arguées par la chine ne sont pas anodines.Ils temoignent de la volonté du géant asiatique d’imposer sa domination sur le continent en exploitant copieusement les matières premières des pays « débiteurs » mais aussi de se vider de sa population de plus en plus nombreuse, malgré la politique de l’enfant unique. Car si la chine envoie chaque année 250 experts et professionnels, elle ne precise pas le nombre de manoeuvres et autres personnels qui accompagneront ces experts et professionnels dans leur mission.Une manière subtile d’envahir l’Afrique avec l’accord des Africains ce que certains n’hesitent pas de qualifier de Néo-colonialisme.

    Les débats ont permis au Premier ministre chinois Wen Jiabao de réfuter les accusations de néo-colonialisme réitérées par des Occidentaux qui voient d’un mauvais oeil une nouvelle puissance, qui s’avère difficilement contrôlable, venir contester leur hégémonie sur un continent qu’ils dominent sans partage depuis des siècles.

    Pour les dirigeants chinois, la thèse du néo-colonialisme ne mérite pas d’être considérée. Les intentions occidentales sont claires : il s’agit de susciter la méfiance des Africains.

    Veritable hypocrisie occidentale car Il faudrait encore que les Pays européens puissent se targuer d’avoir été exemplaires, et de n’avoir jamais soutenu voire promu des dirigeants politiques qui favorisaient leurs entreprises... Une telle assertion soulèverait des tempêtes de rires dans de nombreux pays africains, où l’influence occidentale a souvent été perçue comme le premier pilier qui soutient les chefs d’état corrompus, pilleur des richesses de leur pays. Car pour les africains avertis, occidentaux ou chinois c’est bonnet blanc,blanc bonnet.

    Ainsi, le sommet de Charm El Cheikh, n’est que la partie émergée d’un déferlement économique et commercial qui ne fait que se confirmer, et qui ébranlera probablement dans les années qui viennent l’équilibre de tout un continent.  « Qui vivra,verra »

     

    Patrick Loubaki

    Correspondant de Raiz Africa en Chine

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