L immigration et la Libye en toile de fond du sommet franco-italien

"L'Europe, ce n'est pas la libre circulation des immigrants illégaux", a expliqué auJournal du Dimanche le ministre des affaires européennes français, Laurent Wauquiez. "La France veut étudier la possibilité de pouvoir rétablir les contrôles aux frontières [intérieures] en cas d'afflux majeur aux portes de l'Union." Selon l'Elysée, le président français présentera au chef du gouvernement italien une initiative commune en ce sens.
DIX MILLIARDS D'EUROS DE CRÉDITS EUROPÉENS Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a toutefois assuré dimanche soir que "la France ne [voulait] pas suspendre Schengen". De son côté, le ministre des affaires étrangères italien, Franco Frattini, a admis dans le quotidien Il Sole 24 Ore que le traité de Schengen avait besoin d'une "révision" pour l'adapter aux nouvelles réalités. Rome et Paris proposeront, par ailleurs, dix milliards d'euros de crédits européens pour les pays du sud de la Méditerranée et la réactivation d'un projet de banque méditerranéenne pour le financement de PME dans ces pays, a précisé Franco Frattini.
Le 17 avril, Paris avait suscité la colère de Rome en suspendant la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille vers la France. La France avait estimé qu'un train, avec à son bord des militants qui voulaient accompagner des immigrés tunisiens, posait un risque pour l'ordre public. Paris est en effet irrité par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20 000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents"en France et ailleurs en Europe. RECONNAISSANCE DE LA RÉBELLION LIBYENNE Autre sujet de friction : la Libye. La position en pointe de la France dans ce dossier a indisposé l'Italie, ex-puissance coloniale qui dispose d'importants intérêts économiques dans le pays. Là encore, après un départ poussif de Rome, qui a hésité à lâcher son allié Mouammar Kadhafi, les positions se rejoignent : les deux pays ont reconnu officiellement la rébellion libyenne et dépêché sur place des conseillers militaires. L'Italie a annoncé lundi qu'elle allait autoriser son armée de l'air à mener des frappes contre des objectifs militaires en Libye. Enfin, MM. Sarkozy et Berlusconi devraient aborder le "problème" de la soif d'acquisition des groupes français dans la péninsule : LVMH s'est emparé, en mars, du joaillier Bulgari et le groupe laitier Lactalis est parti à l'assaut du géant local Parmalat. Tous ces sujets devraient être abordés au cours de ce sommet-éclair, qui débute à 11 heures. Une conférence de presse conjointe est prévue vers 12 h 30.(lemonde.fr)