• L’Afrique, le grand perdant du sommet de Copenhague ?

    Le sommet de Copenhague était l’occasion pour l’Afrique de poser les grands problèmes que cache cette réalité. La question est beaucoup plus vaste. C’est l’arbre qui cache la forêt.  S’il faut régler la météorologie en réduisant l’utilisation des gaz à effet de cerf, il faut que la question soit totalement traitée en posant un regard sur tout l’environnement. Pour moi, la première question qu’il fallait aborder était celle de l’homme qui est au cœur de cet environnement et qui le détruit au lieu de le transformer. Il s’agissait d’établir une sorte d’écologie humaine où serait réglée la météorologie humaine. Car l’écart qui sépare les hommes est un scandale. Les générations futures ne comprendront pas cet état sauvage dans lequel nous sommes. Il y a un réel réchauffement climatique sur ce plan et qui ne mobilise pas du tout les décideurs de ce monde. Car pensent-ils, la question ne les concerne pas. Or dans le contexte de mondialisation où nous sommes, aucun problème qui se passe dans un coin perdu du monde ne peut laisser personne indifférent.

     

    L’Afrique fournisseur des matières premières

    Le rôle de l’Afrique depuis le temps de la colonisation jusqu’à nos jours, a toujours été de fournir de matières à l’industrie de l’Occident. Aujourd’hui avec la Chine, la situation devient pire.  Le désintérêt de l’Occident pour les problèmes du sud est un vrai scandale. Même les médias occidentaux sont très silencieux. Ce silence est-il conscient ou inconscient ? On a vu comment la conférence sur la faim n’a fait l’objet que de quelques reportages. L’absence des chefs d’État des pays industrialisés, en partie responsables de cette situation en dit long sur ce désintérêt. Cet état des choses montre bien que la solution des problèmes qui se posent à notre monde est d’abord et avant tout d’ordre idéologique.

     

    L’Afrique est exploitée par l’Occident

    La deuxième question, intéressante à aborder est celle des matières premières. Car celles-ci font aussi partie de l’environnement. Le peuple africain ne jouit pas de ses richesses exploitées par des organisations mafieuses avec la bénédiction des gouvernements. Pour illustration, on peut parler de l’uranium du Niger et de la guerre à l’Est de la RDC. L’exploitation gourmande de ces matières premières qui appauvrit et tue même les populations locales, bénéficiaires naturelles de ces biens, jette un vent de pessimisme sur l’avenir du continent noir. A ce niveau là aussi, il y a un vrai réchauffement climatique. Enfin, la question du traitement des déchets qui fait de l’Afrique un dépotoir (cas d’Abidjan) avec la complicité des certains « irresponsables » politiques, devrait être mise à l’ordre du jour. De même, au niveau intracontinental, un effort doit être fait pour un environnement « vert », car de plus en plus, on constate l’incapacité de l’Afrique de gérer ses propres déchets par la récupération et la transformation. Un accent particulier devrait être mis dans l’accompagnement des associations ou ONG qui œuvrent pour la protection de l’environnement à travers l’éducation et le tri des ordures. Ce n’est qu’en cela que Copenhague n’aura pas été une réunion pour les enfants gâtés de la planète.

     

     

    Blaise Armel Ndoudi

    Correspondant de Raiz Africa à Paris

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