Hommage à Cheik Anta Diop

Venu en France pour étudier la physique, la chimie et les sciences exactes, il s’y appliquera avec rigueur. Ayant suivi les cours de Gaston Bachelard et de Fréderic Joliot-Curie, deux maitres incontestés dans le domaine des sciences et de la physique nucléaire, c’est vers l’histoire, l’anthropologie et les sciences sociales qu’il se tourne, pour prendre le contrepied de certains auteurs et penseurs de cette époque qui refusaient aux nègres, le statut de l’humanité, faisant de l’Afrique un dépositoire de tout ce qui est irrationnel, irréel, d’inconvenu et de disconvenu.
Sa thèse fondamentale sur l’Afrique et son apport dans la culture et la civilisation mondiale lui vaut plus d’ennemis que d’amis. En effet, battant en brèches l’historiographie occidentale qui soutenait que l’Afrique n’avait pas de passé, et donc par ricochet, pas d’histoire, DIOP, par une érudition pluridisciplinaire, affirme l’ « antériorité des civilisations nègres » par rapport aux civilisations occidentales et, combinant plusieurs méthodes d’approches, montre que l’Egypte antique était Noire de par son essence et que les cultures africaines contemporaines trouvaient leur source dans ce pays des Pharaons. C’est-à-dire que la culture égyptienne est une culture africaine.
D’ailleurs, les conclusions du colloque tenu au Caire où DIOP, ainsi que son disciple d’origine congolaise, le Pr Théophile OBENGA, avaient exposé leurs travaux sur le rapport de l’Egypte avec l’Afrique en disent assez : « l'Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser. » Outre ses recherches sur l’histoire, DIOP fut un homme de science (Il fut le premier africain à créer le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone), un pédagogue, un universitaire, un conférencier international et un homme politique. Politiquement parlant, on retient de lui, son engagement en faveur de l’indépendance des pays africains, mais aussi et surtout, il fut reconnu comme l’un des grands théoriciens de l’unité des pays africains et de la constitution d’un Etat fédéral en Afrique. Aujourd’hui et plus que jamais, le nom de DIOP reste associer à celui de ceux qui ont marqué l’histoire du plus vieux continent du monde et versé leur sang pour la conquête de la liberté et de la dignité de l’Afrique et des Africains.
Marie MATONDO KIMANI
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